Écologie. « Oubliez les douches courtes ! » : Le texte de Derrick Jensen complet, traduit en français, et monté dans une vidéo, également en français

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“Est-ce que les gestes écologiques individuels suffisent pour enrayer la destruction de la planète ? "Certainement pas”, écrivait l’écrivain américain Derrick Jensen dans un texte provocateur en 2009. Faut-il alors baisser les bras ? “Non plus” répond l’écologiste Cyril Dion. Explications.“
 

Par Mariel Bluteau, 04.06.2018

"Oubliez les douches courtes”

“… ou "Forget Shorter Showers” en langue originale. Cet édito de l’activiste et écrivain américain Derrick Jensen a été publié dans Orion Magazine en 2009. Il y revenait sur le documentaire Une vérité qui dérange, sorti trois ans plus tôt, où on voyait l’ancien candidat à la présidence états-unienne, Al Gore, alerter sur le réchauffement climatique. Un documentaire qui, pour un problème bien réel, propose des solutions biaisées, selon Derrick Jensen : “avez-vous remarqué que toutes les solutions présentées ont à voir avec la consommation personnelle – changer nos ampoules, gonfler nos pneus, utiliser deux fois moins nos voitures – et n’ont rien à voir avec le rôle des entreprises, ou l’arrêt de la croissance économique qui détruit la planète ?" 

Même si chaque individu aux États-Unis faisait tout ce que le film propose, les émissions de carbone ne baisseraient que de 22%. Le consensus scientifique stipule pourtant que ces émissions doivent être réduites d’au moins 75%.

Cyril Dion, qui était invité au micro d’Ali Rebeihi dans Grand bien vous fasse, revient sur ce constat :

 

"Si on se contente de dire "faites des petits gestes” (« prenez une douche plutôt qu’un bain », « éteignez la lumière », « prenez votre vélo ») et qu’on regarde l’impact que ça a en terme de chiffres, malheureusement, c’est très nettement insuffisant.

Par exemple, l’eau. Vous prenez tous les jours une douche très courte plutôt qu’un bain – voire même, vous ne prenez pas de douche tous les jours. Vous économisez l’eau à mort, vous faites la vaisselle avec des bassines… En réalité, l’eau que consomment les particuliers, c’est 9% [de la consommation globale]. L’essentiel de l’eau qui est consommée (et gaspillée), c’est l’agriculture et l’industrie. 

Sur les déchets, vous êtes hyper zéro déchet. Vous allez acheter des fringues d’occasion, faire vos courses avec des tupperwares… Malheureusement les déchets domestiques, ce n’est que 8,5% en France"

Autrement dit : on a besoin de changements qui soient plus systématiques.“

(…)

Oubliez les douches courtes ! (par Derrick Jensen) – Le Partage http://partage-le.com/2015/03/oubliez-les-douches-courtes-derrick-jensen/

 

Oubliez les douches courtes – VOSTFR (Derrick Jensen) – YouTube https://www.youtube.com/watch?v=QqnC2avyNAk
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Écologie. « Oubliez les douches courtes ! » : Le texte de Derrick Jensen complet, traduit en français, et monté dans une vidéo, également en français

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“Est-ce que les gestes écologiques individuels suffisent pour enrayer la destruction de la planète ? "Certainement pas”, écrivait l’écrivain américain Derrick Jensen dans un texte provocateur en 2009. Faut-il alors baisser les bras ? “Non plus” répond l’écologiste Cyril Dion. Explications.“
 

Par Mariel Bluteau, 04.06.2018

"Oubliez les douches courtes”

“… ou "Forget Shorter Showers” en langue originale. Cet édito de l’activiste et écrivain américain Derrick Jensen a été publié dans Orion Magazine en 2009. Il y revenait sur le documentaire Une vérité qui dérange, sorti trois ans plus tôt, où on voyait l’ancien candidat à la présidence états-unienne, Al Gore, alerter sur le réchauffement climatique. Un documentaire qui, pour un problème bien réel, propose des solutions biaisées, selon Derrick Jensen : “avez-vous remarqué que toutes les solutions présentées ont à voir avec la consommation personnelle – changer nos ampoules, gonfler nos pneus, utiliser deux fois moins nos voitures – et n’ont rien à voir avec le rôle des entreprises, ou l’arrêt de la croissance économique qui détruit la planète ?" 

Même si chaque individu aux États-Unis faisait tout ce que le film propose, les émissions de carbone ne baisseraient que de 22%. Le consensus scientifique stipule pourtant que ces émissions doivent être réduites d’au moins 75%.

Cyril Dion, qui était invité au micro d’Ali Rebeihi dans Grand bien vous fasse, revient sur ce constat :

 

"Si on se contente de dire "faites des petits gestes” (« prenez une douche plutôt qu’un bain », « éteignez la lumière », « prenez votre vélo ») et qu’on regarde l’impact que ça a en terme de chiffres, malheureusement, c’est très nettement insuffisant.

Par exemple, l’eau. Vous prenez tous les jours une douche très courte plutôt qu’un bain – voire même, vous ne prenez pas de douche tous les jours. Vous économisez l’eau à mort, vous faites la vaisselle avec des bassines… En réalité, l’eau que consomment les particuliers, c’est 9% [de la consommation globale]. L’essentiel de l’eau qui est consommée (et gaspillée), c’est l’agriculture et l’industrie. 

Sur les déchets, vous êtes hyper zéro déchet. Vous allez acheter des fringues d’occasion, faire vos courses avec des tupperwares… Malheureusement les déchets domestiques, ce n’est que 8,5% en France"

Autrement dit : on a besoin de changements qui soient plus systématiques.“

(…)

Oubliez les douches courtes ! (par Derrick Jensen) – Le Partage http://partage-le.com/2015/03/oubliez-les-douches-courtes-derrick-jensen/

 

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Actes du Carrefour de l’Innovation Agronomique « Numérique en productions végétales : prédire et agir »

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PDF des Actes à télécharger :
https://inra-dam-front-resources-cdn.brainsonic.com/ressources/afile/443644-11937-resource-actes-du-ciag-numerique-en-productions-vegetales-predire-et-agir.pdf

Numérique en productions végétales : prédire et agir Ruches connectées, outils d’aide à la décision en viticulture, pulvérisation de précision, utilisation des drones… le numérique s’inscrit aujourd’hui dans le quotidien des agriculteurs et dans une nouvelle narration de l’agriculture de demain. L’Inra, Irstea et l’Institut Convergences Agriculture numérique #DigitAg ont organisé le 26 juin 2018 à Montpellier le Carrefour de l’Innovation Agronomique (CIAg) « Numérique en productions végétales : prédire et agir ». Il a rassemblé une large communauté d’utilisateurs du numérique autour de projets et d’innovations sur les trois échelles spatiales et décisionnelles qui sont de plus en plus interconnectées : la parcelle, l’exploitation et le territoire.

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Nouvelles technologies, définition de l’agriculture 4.0

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Tout le monde entend parler d’agriculture 4.0 sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Si nous prenons un peu de recul, la meilleure des définitions est de faire une analogie avec le monde de l’industrie 4.0. L’acquisition d’une masse de données et demain, leur traitement automatisé assisté d’une intelligence artificielle, doivent permettre à chaque exploitation d’optimiser ses performances économiques. Les changements sont en cours avec les interrogations qu’ils peuvent soulever. Un second article entrera plus dans les détails des solutions concrètes apportées par l’agriculture 4.0.

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Numérique en productions végétales : prédire et agir Ruches connectées, outils d’aide à la décision en viticulture, pulvérisation de précision, utilisation des drones… le numérique s’inscrit aujourd’hui dans le quotidien des agriculteurs et dans une nouvelle narration de l’agriculture de demain. L’Inra, Irstea et l’Institut Convergences Agriculture numérique #DigitAg ont organisé le 26 juin 2018 à Montpellier le Carrefour de l’Innovation Agronomique (CIAg) « Numérique en productions végétales : prédire et agir ». Il a rassemblé une large communauté d’utilisateurs du numérique autour de projets et d’innovations sur les trois échelles spatiales et décisionnelles qui sont de plus en plus interconnectées : la parcelle, l’exploitation et le territoire.

Nouvelles technologies, définition de l’agriculture 4.0

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Tout le monde entend parler d’agriculture 4.0 sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Si nous prenons un peu de recul, la meilleure des définitions est de faire une analogie avec le monde de l’industrie 4.0. L’acquisition d’une masse de données et demain, leur traitement automatisé assisté d’une intelligence artificielle, doivent permettre à chaque exploitation d’optimiser ses performances économiques. Les changements sont en cours avec les interrogations qu’ils peuvent soulever. Un second article entrera plus dans les détails des solutions concrètes apportées par l’agriculture 4.0.

Comment faire revenir les oiseaux dans les campagnes ? La piste d’un marché de la biodiversité sauvage

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Le 20 mars dernier, premier jour du printemps, nous avons publié une étude alarmante sur la situation des oiseaux dans les zones rurales françaises. Nos résultats confirment une tendance bien établie : en l’espace de 20 ans, un oiseau des champs sur trois, en moyenne, a disparu de nos campagnes. (…) Alouettes, perdrix, bruants… la disparition inquiétante de ces espèces est devenue en quelques jours un sujet de préoccupation largement partagé. (…)
Depuis des milliers d’années, le travail de la terre façonne les paysages, créant de véritables écosystèmes. Certains oiseaux ont fait de ces milieux typiques leur résidence principale, devenant des « spécialistes » de ces espaces, à l’image de l’alouette des champs, la perdrix rouge, la plupart des bruants ou encore la linotte mélodieuse. L’agriculture est non seulement compatible avec la biodiversité sauvage, mais elle peut également en produire, au même titre que n’importe quel écosystème.
Depuis une cinquantaine d’années cependant, l’intensification des pratiques et le recours massif aux intrants (pesticides, engrais, engins mécaniques…) a porté un coup presque fatal aux espèces qui faisaient jadis la richesse de nos paysages ruraux. Presque.
En effet, si les insectes du sol, les oiseaux et autres petits mammifères ne trouvent plus les ressources pour accomplir leur cycle de vie et disparaissent en masse, il ne faut pas non plus les enterrer trop vite. La biodiversité a des capacités de reconquête étonnantes. Promenez-vous dans une parcelle nouvellement biologique, dans une autre où l’on vient d’implanter des haies ; promenez-vous sur des terres agricoles où les pressions humaines ont été réduites : vous serez frappé par la capacité colonisatrice du vivant, du sous-sol jusqu’au ciel.
De multiples travaux auxquels a contribué notre laboratoire indiquent que des changements dans les pratiques d’agriculture conventionnelles permettent le maintien des espèces sauvages. Dans une vaste étude portant sur 200 fermes de blé conventionnel, nous avons ainsi montré que l’utilisation « normale » de pesticides varie d’un facteur 1 à 3 entre agriculteurs. Nos observations (rendues publiques en 2014 et en 2016) confirment que les parcelles moins traitées accueillent davantage d’oiseaux.

 D’autres études, plus récentes, comparent les effets du désherbage avant semis – soit chimique (herbicide généraliste comme le glyphosate), soit mécanique – sur la quantité d’oiseaux nicheurs. Ces derniers sont deux fois plus nombreux sur les parcelles lorsque le désherbage est mécanique. Quant aux chauves-souris en chasse, elles sont 5 fois plus abondantes. Le semis direct sous couvert s’avère à ce titre l’une des méthodes les plus favorables à la biodiversité. Ces travaux montrent que des améliorations peuvent être réalisées en agriculture conventionnelle et ce sans perte de revenu.

S’il est possible de changer la donne à l’échelle d’une parcelle, pourquoi ne parvenons-nous pas à changer le système dans son ensemble ? Paradoxalement, la puissance publique a beaucoup dépensé pour tenter d’enrayer le déclin de la biodiversité sauvage en milieu agricole : Natura2000, mesures agro-environnementales du deuxième pilier de la PAC, soutien à l’agriculture biologique, etc. Malheureusement, toutes ces initiatives n’ont pas eu l’effet escompté et si elles apportent de réels bénéfices au niveau local, la tendance à grande échelle n’a pas été inversée. Pourquoi ?
Tout d’abord parce que l’évaluation se fait selon le principe d’une obligation de moyens – planter des haies et rembourser l’agriculteur sur factures – et non une obligation de résultats – augmenter la quantité d’oiseaux présents et rémunérer l’agriculteur en fonction. Ensuite, les actions consistent essentiellement à subventionner l’agriculteur pour faire moins d’agriculture (et, peut-être, un peu plus de biodiversité). Ce principe, peu populaire quand on aime son métier, ne peut pas non plus tenir longtemps lorsque les prix de la production agricole subissent de fortes hausses.
Nous proposons donc de revoir la relation entre agriculture et biodiversité, en distinguant la production alimentaire de celle de la biodiversité. Il faut les considérer indépendamment l’une de l’autre. Une telle approche revient à mettre en place un marché dédié à la production de biodiversité sauvage.
Trois possibilités, non exclusives, existent aujourd’hui pour financer un tel dispositif.
On pourra par exemple solliciter les aménageurs – constructeurs d’infrastructures de transport, d’activités industrielles ou de logements – souhaitant compenser les impacts résiduels sur la biodiversité sauvage agricole de leurs implantations.
Les territoires pourront également être intéressés, eux qui cherchent de plus en plus à préserver ou restaurer l’attractivité de leur campagne afin d’attirer les citadins pour des week-ends ou des vacances à la campagne, activités touristiques rémunératrices.

Il y a enfin les consommateurs prêts à acheter de préférence des produits issus de pratiques agricoles favorables à la biodiversité. Non pas tant pour des raisons gustatives ou de santé d’ailleurs, mais parce qu’il deviendrait socialement inacceptable d’acheter un produit susceptible d’avoir participé à la destruction du bien commun qu’est la biodiversité.
Ces différents « marchés » de l’activité de production de biodiversité ne pourront voir le jour sans de profonds changements politiques et économiques. Il faut tout particulièrement accepter de ne plus opposer agriculture et biodiversité, et considérer que c’est à l’agriculteur de choisir les pratiques qui permettent de maximiser les revenus qu’il tire de la production alimentaire et ceux qu’il tire de la production de biodiversité sauvage.
Hugo Struna, journaliste et rédacteur du blog de Vigie Nature, un programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’histoire naturelle, a contribué à la rédaction de cet article.

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Comment faire revenir les oiseaux dans les campagnes ? La piste d’un marché de la biodiversité sauvage

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Le 20 mars dernier, premier jour du printemps, nous avons publié une étude alarmante sur la situation des oiseaux dans les zones rurales françaises. Nos résultats confirment une tendance bien établie : en l’espace de 20 ans, un oiseau des champs sur trois, en moyenne, a disparu de nos campagnes. (…) Alouettes, perdrix, bruants… la disparition inquiétante de ces espèces est devenue en quelques jours un sujet de préoccupation largement partagé. (…)
Depuis des milliers d’années, le travail de la terre façonne les paysages, créant de véritables écosystèmes. Certains oiseaux ont fait de ces milieux typiques leur résidence principale, devenant des « spécialistes » de ces espaces, à l’image de l’alouette des champs, la perdrix rouge, la plupart des bruants ou encore la linotte mélodieuse. L’agriculture est non seulement compatible avec la biodiversité sauvage, mais elle peut également en produire, au même titre que n’importe quel écosystème.
Depuis une cinquantaine d’années cependant, l’intensification des pratiques et le recours massif aux intrants (pesticides, engrais, engins mécaniques…) a porté un coup presque fatal aux espèces qui faisaient jadis la richesse de nos paysages ruraux. Presque.
En effet, si les insectes du sol, les oiseaux et autres petits mammifères ne trouvent plus les ressources pour accomplir leur cycle de vie et disparaissent en masse, il ne faut pas non plus les enterrer trop vite. La biodiversité a des capacités de reconquête étonnantes. Promenez-vous dans une parcelle nouvellement biologique, dans une autre où l’on vient d’implanter des haies ; promenez-vous sur des terres agricoles où les pressions humaines ont été réduites : vous serez frappé par la capacité colonisatrice du vivant, du sous-sol jusqu’au ciel.
De multiples travaux auxquels a contribué notre laboratoire indiquent que des changements dans les pratiques d’agriculture conventionnelles permettent le maintien des espèces sauvages. Dans une vaste étude portant sur 200 fermes de blé conventionnel, nous avons ainsi montré que l’utilisation « normale » de pesticides varie d’un facteur 1 à 3 entre agriculteurs. Nos observations (rendues publiques en 2014 et en 2016) confirment que les parcelles moins traitées accueillent davantage d’oiseaux.

 D’autres études, plus récentes, comparent les effets du désherbage avant semis – soit chimique (herbicide généraliste comme le glyphosate), soit mécanique – sur la quantité d’oiseaux nicheurs. Ces derniers sont deux fois plus nombreux sur les parcelles lorsque le désherbage est mécanique. Quant aux chauves-souris en chasse, elles sont 5 fois plus abondantes. Le semis direct sous couvert s’avère à ce titre l’une des méthodes les plus favorables à la biodiversité. Ces travaux montrent que des améliorations peuvent être réalisées en agriculture conventionnelle et ce sans perte de revenu.

S’il est possible de changer la donne à l’échelle d’une parcelle, pourquoi ne parvenons-nous pas à changer le système dans son ensemble ? Paradoxalement, la puissance publique a beaucoup dépensé pour tenter d’enrayer le déclin de la biodiversité sauvage en milieu agricole : Natura2000, mesures agro-environnementales du deuxième pilier de la PAC, soutien à l’agriculture biologique, etc. Malheureusement, toutes ces initiatives n’ont pas eu l’effet escompté et si elles apportent de réels bénéfices au niveau local, la tendance à grande échelle n’a pas été inversée. Pourquoi ?
Tout d’abord parce que l’évaluation se fait selon le principe d’une obligation de moyens – planter des haies et rembourser l’agriculteur sur factures – et non une obligation de résultats – augmenter la quantité d’oiseaux présents et rémunérer l’agriculteur en fonction. Ensuite, les actions consistent essentiellement à subventionner l’agriculteur pour faire moins d’agriculture (et, peut-être, un peu plus de biodiversité). Ce principe, peu populaire quand on aime son métier, ne peut pas non plus tenir longtemps lorsque les prix de la production agricole subissent de fortes hausses.
Nous proposons donc de revoir la relation entre agriculture et biodiversité, en distinguant la production alimentaire de celle de la biodiversité. Il faut les considérer indépendamment l’une de l’autre. Une telle approche revient à mettre en place un marché dédié à la production de biodiversité sauvage.
Trois possibilités, non exclusives, existent aujourd’hui pour financer un tel dispositif.
On pourra par exemple solliciter les aménageurs – constructeurs d’infrastructures de transport, d’activités industrielles ou de logements – souhaitant compenser les impacts résiduels sur la biodiversité sauvage agricole de leurs implantations.
Les territoires pourront également être intéressés, eux qui cherchent de plus en plus à préserver ou restaurer l’attractivité de leur campagne afin d’attirer les citadins pour des week-ends ou des vacances à la campagne, activités touristiques rémunératrices.

Il y a enfin les consommateurs prêts à acheter de préférence des produits issus de pratiques agricoles favorables à la biodiversité. Non pas tant pour des raisons gustatives ou de santé d’ailleurs, mais parce qu’il deviendrait socialement inacceptable d’acheter un produit susceptible d’avoir participé à la destruction du bien commun qu’est la biodiversité.
Ces différents « marchés » de l’activité de production de biodiversité ne pourront voir le jour sans de profonds changements politiques et économiques. Il faut tout particulièrement accepter de ne plus opposer agriculture et biodiversité, et considérer que c’est à l’agriculteur de choisir les pratiques qui permettent de maximiser les revenus qu’il tire de la production alimentaire et ceux qu’il tire de la production de biodiversité sauvage.
Hugo Struna, journaliste et rédacteur du blog de Vigie Nature, un programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’histoire naturelle, a contribué à la rédaction de cet article.

L’agroécologie dans le bassin Adour-Garonne : paroles d’acteurs

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Lien direct : https://www.youtube.com/watch?time_continue=192&v=RUgkgvinVgU

L’agriculture est une activité économique majeure dans le bassin Adour-Garonne : des solutions concrètes existent, portées par des agriculteurs, institut

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