INRA – Circuits courts, du producteur au consommateur

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Réduire les barrières qui se dressent entre les producteurs et les consommateurs, en revalorisant les intermédiaires qui s’engagent pour soutenir l’agriculture locale, voilà le pari des circuits courts. Il en existe une vingtaine de formes, depuis la vente directe jusqu’à la jusqu’à la restauration collective, en passant par les Amap ou le e-commerce. Depuis les années 2000, l’Inra étudie ces modes de commercialisation, innovants ou en renouvellement, et s’efforce d’accompagner leur développement. Les consommateurs ont faim de circuits courts. Fortement affectés par les scandales sanitaires qui ont secoué le pays ces dernières années, ils sont de plus en plus attentifs à l’origine, à la qualité, à la fraîcheur et bien sûr au goût des aliments. Et quoi de mieux pour cela que de s’adresser directement à ceux qui les produisent ? D’autant qu’un nombre croissant d’exploitants agricoles, les jeunes en particulier, sont eux aussi favorables à ce rapprochement qui leur permet de diversifier leur activité et donc de constituer un complément de trésorerie, mais aussi de renouer le lien trop longtemps rompu avec les consommateurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2010, 21% des producteurs, soit près de 110 000 exploitations, vendaient au moins une partie de leur production en circuit court. Et la tendance ne semble pas s’inverser, bien au contraire. L’Inra s’est intéressé très tôt au phénomène. Notamment par le biais du département scientifique Sciences pour l’action et le développement (Sad). Ses chercheurs scrutent les « signaux faibles », c’est-à-dire les changements en apparence mineurs, mais qui peuvent s’avérer révélateurs d’une mutation ou de nouvelles attentes, et présenter un intérêt pour la société. Ses sociologues ont été parmi les premiers à étudier le fonctionnement des circuits courts, pour tenter de mesurer leurs impacts, pour le producteur, le consommateur et les intermédiaires de proximité (artisans, commerçants de détail), tant au niveau de ces acteurs qu’à l’échelle du territoire. Très vite, il est apparu que ces modes de commercialisation pouvaient constituer, pour certaines exploitations, un moyen non pas de s’enrichir, mais avant tout de survivre à la crise qui frappe le monde agricole. Pour d’autres, s’impliquer dans les circuits courts et rencontrer le consommateur s’est présenté comme une évidence, et leur a permis de retrouver une forme de dignité dans la reconnaissance de leur travail. Mais au prix de contraintes fortes, à commencer par une charge de travail fortement accrue. On a coutume de dire qu’un agriculteur qui s’inscrit dans les circuits courts cumule à la fois les métiers de producteur, transformateur et commerçant. Mener à bien ces activités requiert des connaissances qui font parfois défaut aux exploitants. D’où l’intérêt aussi de retisser des collaborations avec les acteurs de l’économie locale, artisans, commerçants de détail. En outre, l’implication dans les circuits courts peut être compromise par un manque de moyens logistiques, voire par une méconnaissance des mécanismes économiques. Afin d’accompagner le développement des circuits courts, l’Inra s’efforce d’identifier les besoins, voire de les anticiper et, en partenariat avec les acteurs concernés (exploitants, associations de consommateurs, artisans, collectivités locales…), de fournir des outils adaptés.

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