Les irréductibles Gaulois contre l’empire Unilever

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Publié le 14/09/2016

Ils fabriquaient les thés Elephant dans la région marseillaise. Et faisaient du profit. Quand la grande marque de distribution décide de délocaliser en Pologne pour gagner plus, un bras de fer s’engage pendant près de quatre ans. La potion magique des salariés ? Une foi sans faille en leur savoir-faire. Ils investissent leurs économies pour s’approprier l’entreprise. Résultat : Fralib devient Scop-Ti, et les thés sont encore meilleurs. Ils sont devenus invincibles ! Récit.

[…] Le 28 septembre 2010, c’est un coup de massue qu’ont reçu les 182 salariés de Fralib, une société propriété du géant Unilever, qui produit les thés de la marque Elephant. Unilever annonce que l’activité sera délocalisée en Pologne. « Et pourtant, nous étions rentables, assure Gérard Cazorla. Nous avons même démontré que quatre mois de production suffisaient à amortir les coûts. » Mais le mastodonte britannico-néerlandais veut gagner plus. La masse salariale représente 15 centimes sur une boîte de thé en France, contre 9 centimes en Pologne. Alors, les ouvriers de Fralib reçoivent une proposition de travail en Pologne pour un salaire brut annuel de 6 000 euros ! La lettre stipule une autre condition nécessaire : savoir parler polonais…

[…] Pendant le combat, les Fralib pensent à l’avenir. Comment sauvegarder les emplois puisque Unilever est décidé à fermer l’usine ? Une idée un peu folle germe dans les esprits : pourquoi ne pas créer une Scop, une Société coopérative et participative ? Les salariés, associés majoritaires, détiennent au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote. Voilà l’outil idéal qui permettrait aux ouvriers de prendre leur destin en main. Le 26 mai 2012, Unilever cède et signe un accord de fin de conflit. Il lui en coûtera près de 20 millions d’euros. (…)

 Finalement, 58 salariés relèvent le pari risqué de la Scop et décident d’investir ensemble leur prime de licenciement. Ainsi, 177 000 euros constituent le capital de la société pour se lancer dans l’aventure. L’accord signé avec Unilever leur garantit 3 millions d’euros de fonds de roulement pour démarrer. L’entreprise prend le nom de Scop-Ti : Société coopérative ouvrière provençale de thés et infusions. N’ayant pu garder la marque Elephant, propriété d’Unilever, les ouvriers créent les leurs : Scop-Ti pour les produits bio et 1336, le nombre de jours de lutte pour sauver leurs emplois, pour les grandes surfaces. Leur slogan : « Réveiller les consciences, éveiller les papilles » rappelle aussi leur histoire singulière.

Mais Olivier Leberquier sait que Scop-Ti ne peut pas s’enfermer dans cette posture militante. « Les gens peuvent acheter une fois du thé pour nous soutenir. Mais ils le feront régulièrement s’il est bon. Nous devons être à la hauteur, et ce n’est jamais gagné d’avance. »

[…] L’effectif de Scop-Ti est de 30 salariés en CDI, 10 nouveaux sont arrivés fin mai et 10 autres devraient être recrutés à partir de septembre. L’objectif est d’atteindre d’ici à trois ans les 650 tonnes de production annuelle pour pouvoir embaucher tous les Fralib en fin de droits engagés dans le projet.

le site : http://www.scop-ti.fr

A ne pas confondre avec “Eléphant”.

PAM

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