Pesticides : les mathématiques au secours des abeilles

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L’exposition à des doses très faibles de certains pesticides – dits néonicotinoïdes – peut conduire les colonies d’insectes sociaux au déclin. Les travaux conduits par John Bryden (Royal Holloway University of London, Royaume-Uni) et publiés dans l’édition de décembre de la revue Ecology Letters s’ajoutent à d’autres, menés ces dernières années, qui montrent que les effets de pesticides systémiques (utilisés en enrobage de semences ou en traitement des sols) peuvent se manifester de manière « sub-létale » : ils peuvent provoquer l’effondrement de colonies sans avoir d’effet mortel aigu sur chacun des insectes du groupe.

La publication des chercheurs britanniques intervient alors que la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) a dressé, mercredi 6 novembre, au cours de son assemblée générale annuelle, un état des lieux dramatique de la filière apicole. Selon la FFAP, la surmortalité des abeilles domestique (Apis mellifera) continue d’augmenter, avec l’utilisation des pesticides comme cause majeure de ce déclin.

L’originalité des travaux de M. Bryden et ses coauteurs tient à la construction d’un modèle mathématique capable de simuler la réaction d’une colonie à un stress subtil mais chronique. La littérature scientifique permet de lister plusieurs effets dits sub-létaux sur les abeilles ou les bourdons : déficit du succès reproductif, déficit des capacités cognitives, déficit de l’immunité… Les auteurs ont intégré ces paramètres à un modèle de dynamique des colonies. « Les colonies d’abeilles sociales dépendent de l’efficacité de la coopération entre une multitude d’ouvrières et les tâches comme le butinage, la régulation thermique du nid et le soin au couvain sont essentielles pour maintenir et améliorer la fonction de la colonie », écrivent les chercheurs.

« POINT DE BASCULE »

Ces derniers ont cherché à contrôler expérimentalement la capacité de leur modèle mathématique à décrire l’évolution de colonies de bourdon communs (Bombus terrestris) soumise ou non à de faibles doses quotidiennes d’imidaclopride – l’un des insecticides néonicotinoïdes les plus utilisés dans le monde et auparavant commercialisé en France par Bayer sous le nom de Gaucho.

Les colonies de bourdons traitées l’ont été par le biais d’un sirop sucré agrémenté d’une concentration d’imidaclopride de 10 parties par milliard (ppb). Les chercheurs précisent que cette concentration « correspond à la fourchette haute de la concentration rapportée dans le nectar et le pollen » des cultures traitées. En outre, les chercheurs précisent avoir utilisé des colonies de bourdons et non d’abeilles domestiques (Apis mellifera) car celles-ci sont plus petites et permettent un suivi plus précis de la population totale d’une colonie et de son évolution. L’expérience a été conduite pendant quarante-deux jours.

 

Résultats ? http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/11/07/pesticides-les-mathematiques-au-secours-des-abeilles_3509916_1650684.html

 

See on www.lemonde.fr


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